s'accepter tel que l'on est

Et si certaines choses ne pouvaient pas se comprendre… mais seulement se vivre ?

Au fond, je ne crois pas que l’on se découvre uniquement en réfléchissant, nous sommes avant tout des être vivants, avant d’être des têtes pensantes.

Avec des élans différents, des envies qui changent, des émotions qui passent, des contradictions parfois aussi.

On passe énormément de temps à essayer de se comprendre mentalement : à analyser, à définir, à mettre des mots sur ce que l’on ressent. Comme si tout devait devenir clair dans notre tête avant d’être vécu pleinement. Il y a des choses qui ne s’expliquent pas…

Il y a quelques temps j’ai ouvert au hasard le livre de Matthieu Ricard « Chemins spirituels » et je suis tombée sur cette citation :

« Si tu n’as pas acquis une expérience intérieure, ni parfaitement élucidé la vue par la méditation, tu n’y parviendras pas à force de débats philosophiques ou de simples lectures. Médite continuellement : tel est mon conseil du coeur. »

Ridzin Chökyi Drakpa (1595-1659)

Certaines vérités ne peuvent pas être atteintes uniquement par l’intellect.

On peut lire milles et un livre sur la paix sans jamais la ressentir en soi, on peut parler pendant des heures de liberté sans jamais se sentir réellement libre, on peut réfléchir une vie à ce que l’on est sans jamais réussir à se rencontrer profondément.

Parce qu’à un moment il faut expérimenté, se laisser traverser par une certaine énergie qui va au-delà de notre mental, qui se ressent profondément à travers son corps, ses émotions, ses instinct les plus intimes.

J’ai envie :

  • de peindre,
  • de jouer de la guitare, du piano, de chanter, de danser,
  • de tatouer, de créer,
  • de randonner, de courir,
  • de jardiner,
  • de voyager,
  • de forêt,
  • de lire, d’écrire, de dessiner,
  • de poésie,
  • de contempler,
  • de m’amuser, de festoyer,
  • d’autonomie,
  • de simplicité, de beauté, d’esthétique,
  • de confort…

Et je me demande : pourquoi ces envies existent-elles en même temps ?

En fait, elles ne demandent pas d’explications, elles demandent seulement à vivre.

A force de vouloir tout comprendre, on finit parfois par se couper de ce qui est déjà là, en nous. Comme si notre mental cherchait constamment à organiser, contrôler, nommer ce qui devrait simplement se ressentir, nos élans sincères et nos envies profondes.

Pas pour devenir quelqu’un d’autre, mais pour simplement revenir à soi.

Il y a des choses que seul le vécu révèle : le silence, le mouvement, la nature, l’effort physique, la création, la contemplation…tout cela nous ramène parfois à quelque chose de plus instinctif, en somme plus vivant.

Avec le temps, j’ai l’impression qu’il faut parfois apprendre à s’effacer un peu mentalement, faire moins de bruit dans sa tête, pour laisser plus de place à ce qui est déjà là.

Non pas pour arrêter de penser mais pour arrêter de lutter contre ce que l’on ressent profondément. Que l’on accepte enfin d’écouter ce qui essaie discrètement d’exister en nous depuis toujours.

Parce qu’au fond, peut-être que l’on ne devient pas réellement soi-même, on enlève simplement, peu à peu, tout ce qui empêchait de ressentir ce que l’on est.

——- Comme ça, Alizée

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