Le problème n’est pas le projet… mais mon besoin de recommencer.
J’ai longtemps cru qu’il fallait trouver LE projet. Celui qui allait enfin me faire dire : « j’ai trouvé ma place, j’y suis arrivée. » Comme si, une fois la bonne idée trouvée, tout allait devenir évident. Comme si le bon chemin était forcément celui sur lequel on ne doute jamais.
Et puis j’ai compris quelque chose sur moi. Il y a des personnes qui construisent leur vie autour d’un même fil rouge pendant des années. Elles creusent, approfondissent, développent, font grandir une idée jusqu’à en faire quelque chose de grand. Elles trouvent une grande satisfaction dans la continuité. Elles aiment les repères, les projets bien définis, les plans qui se dessinent sur plusieurs années. Elles trouvent de la sécurité et de la joie dans cette stabilité, et c’est une très belle façon d’avancer.
Et puis il y a celles qui ont besoin d’imaginer, d’explorer, d’essayer, qui fonctionnent davantage par cycles. Celles qui voient une possibilité là où d’autres ne voient encore rien. Celles qui aiment donner une impulsion, créer une dynamique, ouvrir une nouvelle porte.
Et ces deux façons d’être au monde sont nécessaires. La vie a besoin de personnes qui plantent des graines et de personnes qui prennent soin des arbres déjà plantés. Ce n’est ni mieux, ni moins bien. Ce sont simplement des façons différentes d’habiter sa vie.
Pendant longtemps, j’ai pensé que mon fonctionnement était un problème.
Je me demandais pourquoi je ressentais parfois cet appel du nouveau, pourquoi une fois la phase de création passée, mon esprit commençait déjà à imaginer la suite.
Alors j’ai cherché des explications :
- « Ce projet n’était peut-être pas assez aligné. »
- « Il n’avait peut-être pas assez de sens. »
- « Ce n’était peut-être pas vraiment ce que je voulais. »
Mais parfois, il faut avoir l’honnêteté de regarder plus loin :
- Peut-être que le projet était très bien.
- Peut-être qu’il avait du sens.
- Peut-être qu’il pouvait encore évoluer
- Peut-être que ce n’était pas le projet le problème.
- Peut-être que c’était simplement cette partie de moi qui aime le mouvement, la découverte, les nouveaux départs.
Mais attention… Apprendre à se connaître ne doit pas devenir une nouvelle excuse pour fuir. Parce qu’il y a une différence entre écouter ce qui nous appelle ailleurs… et abandonner dès que la nouveauté disparaît.
La nouveauté peut apporter une énergie particulière, une curiosité, une envie d’apprendre, mais la construction dans la durée a aussi sa richesse : celle de la profondeur, de la maîtrise, de la patience et de tout ce qui relève du temps.
Peut-être que le vrai défi pour les personnes comme moi n’est pas de choisir entre le mouvement et la stabilité. C’est d’apprendre à trouver l’équilibre entre l’envie d’explorer et la capacité à faire grandir ce que l’on a déjà créé. C’est imaginer sans dévaloriser ce qui existe déjà, avancer sans toujours croire que l’herbe est forcément plus verte ailleurs.
Aujourd’hui, je n’essaie plus de devenir quelqu’un qui suit une seule trajectoire, j’essaie simplement de devenir quelqu’un qui choisit consciemment ses chemins.
Parce qu’au fond, ce n’est peut-être pas une question de trouver un endroit où rester pour toujours, c’est peut-être apprendre à reconnaître les endroits où notre énergie mérite d’être déposée.
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Alizée

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